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Famille & carrière

La phase « j'ai peur de l'étranger »: Voilà comment vous pouvez aider votre enfant

Votre enfant pousse et vous êtes épaté par ses progrès constants. À l'aube de ses 8 ou 9 mois vient une phase particulière appelée « peur de la séparation ». Votre enfant atteint un âge où il comprend de mieux en mieux qu'il est distinct de sa maman et de son papa. C'est justement cette prise de conscience qui provoque chez lui une petite période d'angoisse : « maman est une autre que moi, elle peut donc disparaître... »

Rassurez-vous, cette peur de la séparation ne dure pas très longtemps et fait partie du développement naturel de votre bébé. Il y a quelques petits conseils pertinents qui peuvent aider votre enfant à passer ce délicat moment sans qu'il n'engendre de trop grandes angoisses.

 

Quelles sont les raisons de cette angoisse ?

Depuis sa naissance, le bébé considère sa maman comme une extension de lui-même. À partir de 6 mois il commence à comprendre que cette maman est différente de lui et qu'il peut donc la perdre. Cette angoisse manifeste un manque de la part de l'enfant, une angoisse de ne pas retrouver les bras maternels. C'est au cours de ces quelques mois qu'il va comprendre que l'importance des gens qui l'entoure n'est pas identique selon les personnes. Le couple parental prend toute son importance par exemple, mais aussi la famille plus étendue ou encore la nourrice s'il la connaît depuis peu après sa naissance. Cette peur de l'étranger peut se manifester de façon plus ou moins aiguë selon les enfants et leurs conditions de vie. Un enfant gardé par ses parents, sans frère ou sœur et qui rencontre peu de monde, aura sans doute une angoisse de la séparation plus forte qu'un enfant habitué à voir fréquemment d'autres personnes.

Toujours est-il que c'est une phase totalement normale et structurante dans le développement d'un bébé. Cela peut durer quelques semaines voire trois ou quatre mois, puis l'enfant comprendra que ne plus voir l'objet de son amour ne veut pas dire qu'il a disparu pour toujours et qu'il va le retrouver. Ainsi son angoisse prendra fin et il se dirigera vers une nouvelle étape de son évolution.

 

Comment accompagner mon bébé durant cette phase ?

Puisque c'est la disparition des êtres aimés et notamment la maman qui fait si peur, pourquoi ne pas en faire un jeu ? Pour apprendre à votre enfant qu'une disparition n'est pas définitive, que maman va de nouveau être présente, rien de tel que le jeu du « coucou ! ». À la fin des repas de bébé, amusez-vous par exemple à vous cacher derrière son bavoir : « maman a disparu, hop elle est là ! ». Ce jeu peut être décliné à l'infini, avant la sieste, au lever, dès que cela vous est possible, ça ne vous prendra que peu de temps et votre bébé s'amusera tout en chassant ses angoisses. Vous pouvez faire de même avec le doudou de votre enfant s'il en possède un. Il existe un nombre colossal de combinaisons, le but étant d'habituer le bébé à dédramatiser la séparation. Le doudou prendra tout son sens en cette période, celui d'objet transitionnel. Si votre enfant n'en possède pas, peut être pourriez-vous lui en proposer un. Nous conseillons à la maman de dormir avec ce doudou une ou deux nuits pour qu'il prenne son odeur et soit aussitôt familier et rassurant pour l'enfant.

Nous vous conseillons également de ne pas sur réagir si votre enfant pleure lorsqu'il est en présence d'une personne étrangère, mais au contraire de rester calme, de le rassurer simplement, sans que cela ne dure trop longtemps. Si c'est à cet âge que vous devez mettre votre enfant en collectivité, prenez le temps de le faire avec douceur et délicatesse. Cela peut être plus long qu'à un autre âge pour les raisons que vous connaissez désormais.

C'est aussi un âge ou il est bon de ne pas le placer dans des bras inconnus de façon trop brusque, comme nous le faisons parfois lorsque nos enfants sont tout petits, ils passent de bras en bras sans en prendre ombrage. C'est une période durant laquelle votre enfant doit être rassuré sans pour autant être conforté, c'est une finesse que comprennent très vite tous les parents. Le bonding (la thérapie) peut se révéler assez efficace pour calmer les peurs de votre enfant. Cette technique que l'on appelle aussi l'étreinte thérapeutique consiste simplement à prendre son enfant dans ses bras et à le presser sur son cœur, lui faire un câlin dans des conditions calmes et rassurantes. Nous savons que c'est quelque chose que vous faites régulièrement mais la visée thérapeutique indiquée en cette période vient dans son caractère répétitif. Après tout, personne ne se plaindra de donner davantage de câlins d'un côté et d'en recevoir un peu plus de l'autre. N'hésitez pas à parler à l'oreille de votre enfant en l'étreignant, dites-lui combien vous l'aimez même lorsque vous êtes absent. Précisez-lui qu'à chaque fois que vous le quittez, vous allez le retrouver dans les heures qui suivent et que c'est toute votre joie. Le bonding (la thérapie) vise à mettre votre enfant en totale confiance et c'est parce qu'il est en confiance qu'il laissera aller ses émotions, ses joies mais aussi ses chagrins et ses peurs.

 

Quel rôle le papa joue-t-il au cours de cette période ?

Le rôle de "père" est essentiel comme lors de beaucoup d'étapes de la vie d'un enfant. Le père est celui qui sépare le bébé de la maman ; il va donc aider l'enfant à s'en séparer avec une angoisse limitée puisqu'avec lui le bébé est en toute confiance. Lorsque l'enfant fait une petite crise d'angoisse quand la maman quitte une pièce, il est alors bon que le papa prenne son enfant dans les bras pour le rassurer mais qu'il focalise rapidement son attention sur autre chose, un jeu, un jouet, un bruit, un camion qui passe dans la rue, tout est bon. Dans cette triangulaire parentale où le bébé forme le troisième angle, le père est celui qui tire l'enfant vers l'autonomie avec douceur mais fermeté. C'est aussi le père qui tourne l'enfant vers le monde extérieur. Votre bébé apprendra avec délice, même s'il le savait déjà probablement, que les bras de papa sont aussi sécurisants que ceux de maman. Le rôle de "père" peut bien évidemment être occupé par un homme faisant figure de papa, même s'il n'est pas le père de l'enfant au sens génétique.

Maintenant que vous savez à quoi vous attendre, que vous avez compris que c'est une étape normale et que vous avez en mains les petites astuces pour la rendre la plus douce possible, il ne reste plus à votre bébé qu'à grandir tranquillement.

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