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Fertilité

L'infertilité de l'homme, troubles de l'éjaculat et impuissance

Près de 15 %, des couples sont confrontés à l'infertilité d'une manière temporaire ou durable dans le monde. Dans la moitié des cas, l'homme en porterait la responsabilité. Si les causes de l'infertilité de la femme couvrent de multiples mécanismes biologiques, celles qui correspondent à l'homme sont nettement moins étendues et portent essentiellement sur la qualité de son éjaculat.

Symptôme et examen

Lorsqu'un couple ne parvient pas à avoir un enfant après plus d'un an de tentatives rigoureuses basées sur le suivi du cycle menstruel et sur la courbe des températures de la femme, il lui est recommandé de se rendre chez son médecin et de procéder à des analyses. L'homme n'étant pas biologiquement concerné par l'ovulation ni par la nidation ou la grossesse, c'est tout naturellement sur les causes d'un trouble éjaculatoire que les analyses médicales se concentrent.

L'examen de référence est le spermogramme. Il consiste à analyser l'éjaculat obtenu directement dans un laboratoire spécialisé pour détecter une oligozoospermie, une asthénospermie, une nécrospermie, etc. Pour cela, le sujet est invité à se masturber dans un local isolé afin qu'il récupère la quantité totale. Une abstinence sexuelle de 3 à 5 jours est recommandée avant ce prélèvement.  L'échantillon est ensuite analysé sous microscope par un personnel qualifié après que ce dernier y ait associé des colorants.

 

Diagnostic

Cet examen permet d'éliminer les causes possibles d'un trouble éjaculatoire. Il se concentre autour de différents indicateurs dont la quantité de l'éjaculat, le nombre de spermatozoïdes présents, leur mobilité, leur morphologie et les substances que le sperme doit logiquement contenir. Selon les normes officielles de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) :

  • La quantité de l'éjaculat doit être supérieure à 1,5 ml et inférieure à 6 ml.
  • La quantité de spermatozoïdes contenue dans le total de l'éjaculat doit être supérieure à 39 millions. La quantité de spermatozoïdes contenue dans 1 seul ml d'éjaculat doit être supérieure à 15 millions. Si le résultat est inférieur, une oligozoospermie pourra être diagnostiquée. L'azoospermie s'applique quand aucun spermatozoïde n'est présent dans l'échantillon de l'éjaculat. Cette situation peut se présenter quand les testicules ne produisent pas de spermatozoïdes ou quand les canaux permettant leur extériorisation sont obstrués. Cette dernière option est d'ailleurs l'une des principales méthodes utilisées pour procéder à une vasectomie.
  • La vivacité des spermatozoïdes permet de déterminer leur mobilité, sachant qu'il est indispensable que les spermatozoïdes soient vivaces pour entreprendre leur longue remontée dans l'utérus et jusqu'à l'ovule après la pénétration. Ainsi dès l'analyse immédiate, au moins 75 % des spermatozoïdes doivent être vivants. Une asthénospermie indique que moins de 40 % des spermatozoïdes sont mobiles (le seuil minimal). Trois heures après l'éjaculat, au moins 30 % des spermatozoïdes doivent encore être vivants. Si les mouvements des spermatozoïdes sont anormaux et irréguliers, on parle de dyskinésie flagellaire et lorsqu'aucun spermatozoïde n'est pas mobile, il s'agit d'une akinétospermie. Si plus de la moitié des spermatozoïdes de l'éjaculat sont morts, le diagnostic sera la nicrospermie.
  • La morphologie des spermatozoïdes est tout aussi importante que les facteurs antérieurs. On sait en effet qu'un taux élevé de spermatozoïdes anormaux (soit plus de 50 % de l'échantillon prélevé) constitue une cause d'infertilité masculine. L'examen qui permet de contrôler la morphologie des spermatozoïdes est le spermocytogramme.  Les anomalies peuvent porter sur la tête ou sur le flagelle du spermatozoïde.

Examens complémentaires

Le spermogramme apporte d'autres indications et notamment sur les substances qui composent l'éjaculat à savoir : la teneur en zinc, en phosphatase, en fructose, en L-carnitine ou en alpha-glucosidase. Si aucune de ces analyses n'apporte de réponse à l'infertilité de l'homme, des examens complémentaires peuvent être réalisés et surtout si ceux de la compagne n'indiquent aucune anomalie. Dans le cas où aucun spermatozoïde n'est présent dans l'éjaculat, le médecin devra déterminer si le patient n'est pas atteint d'éjaculations rétrogrades, c'est-à-dire que les spermatozoïdes sont envoyés dans la vessie en raison d'une obstruction de l'urètre ou d'un dysfonctionnement du sphincter.

 

Impuissance et infertilité

Médicalement parlant, les problèmes d'impuissance sexuelle sont relativement éloignés de l'infertilité. Néanmoins d'un point de vue psychologique, les problèmes d'impuissance sexuelle et l'infertilité biologique aboutissent à un même constat : l'incapacité temporaire ou durable de transmettre la vie. Bien évidemment, l'impuissance ajoute un degré plus dramatique à cette situation dans le sens où l'échange amoureux d'un homme touché par l'infertilité peut être satisfaisant. D'ailleurs, ce n'est que le diagnostic du médecin qui alertera réellement le patient. Les problèmes d'impuissance sexuelle relèvent des facteurs psychologiques ou anatomiques. L'infertilité masculine relève exclusivement des dysfonctionnements anatomiques.

L'impact psychologique d'une impuissance ou d'une infertilité est dévastateur chez l'homme. Cependant, il est rare que celui-ci en fasse état où qu'il l'évoque facilement, car un homme se sent doublement affecté en étant envahi par le sentiment d'inutilité de son existence et par la perte de sa virilité.

 

Causes principales de l'infertilité masculine

Les causes de l'infertilité sont multiples. Voici les plus fréquentes :

  • Les testicules atrophiés ou anormalement situés (principalement non descendus dans les bourses) sont des causes fréquentes d'infertilité masculine.
  • Certains traitements médicaux peuvent être des facteurs de risques de l'infertilité. C'est le cas après une chimiothérapie et une radiographie.
  • Les maladies sexuellement transmissibles ont la capacité de détruire certaines fonctions de l'appareil génital de l'homme.
  • Le système immunitaire de certains hommes combat leurs propres spermatozoïdes comme s'il s'agissait de microbes. Ce cas est fréquent chez les hommes ayant subi une vasectomie avant de choisir de recouvrer leur fonction procréatrice.
  • Notre environnement est aussi pointé du doigt. Une étude récente menée en Espagne révélait que près de 60 % des jeunes Espagnols avaient un éjaculat de mauvaise qualité. Ce constat corrobore d'autres études indiquant que d'une manière générale, les jeunes gens résidant dans des pays développés et dans des zones industrielles étaient moins féconds que leurs aïeuls. La même année, l'Union européenne relevait que plus de 500 produits polluants et chimiques présents dans notre environnement avaient un effet perturbant sur notre système endocrinien.
  • Nos modes de vie semblent avoir un effet négatif que ce soit en raison d'une alimentation de plus en plus industrielle, des pantalons et des sous-vêtements trop ajustés ou même du fait de maintenir une position assise trop longtemps ce qui augmente la température des testicules et affecte la production des spermatozoïdes.
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